La paroi est totalement verticale avec tous les styles d’escalade : fissures, cheminées, dièdres, dalles et même sur 2 longueurs de corde une incroyable grotte/laminoir avec 2 ouvertures sur l’extérieur. Hauteur 250m, 10 longueurs au total dans le 5b/5c sauf 2 longueurs en 6a et 6b. Dans l’ensemble la qualité du rocher est bonne sauf au départ de la quatrième longueur,. Sur 7 à 8 mètres le rocher médiocre réclame de grimper tout en douceur…
Pour terminer, j’ai ajouté une galerie photos des années 1989, 1998 et 2014.
La première partie de la falaise de Presles, du secteur des Buis à gauche jusqu’à celui de Télébus
C’est toujours un immense bonheur pour moi que de retourner à Presles ou j’ai si souvent grimpé pendant une bonne trentaine d’années. J’y ai usé un nombre considérable de chaussons mais aussi le rocher, particulièrement dans les voies comme Les Buis et Le Nid d’Aigle, mais pas que !
Mes fils m’ayant pratiquement abandonné, l’un à Boston/Usa et l’autre un peu plus près à Briançon, ce sont de jeunes gens qui désormais s’encordent avec le vieux. Aujourd’hui c’est avec Alexandre et nous avons choisi Oxus que j’ai gravi dans les années 80.
Dans le topo « Escalades à Presles » de Dominique Duhaut, la voie est décrite ainsi : « Voie essentiellement en fissures. Souvent athlétique, l’escalade est cependant variée et intéressante« . Je confirme !
Au final une merveilleuse journée ensoleillée, avec deux autres cordées qui grimpaient en parallèle avec nous dans « A la mémoire des absents » et dans « Et on tuera tous les babas » !
De gauche à droite, les secteurs des Buis, des Chrysanthèmes, de Fhara Kiri et de Télébus
Encore une sortie familiale « père/fils » dont nous nous souviendrons.
d’abord par ce que le jour de l’an c’est forcément magique
ensuite Matthieu m’a sournoisement transmis le Covid une dizaine de jours avant
et pour terminer, cette voie nous l’avions parcourue au milieu des années 80, époque bénie où dans notre cordée, Matthieu grimpait encore en second !
Mais le mieux est de laisser « le premier de cordée » nous raconter cette journée mémorable :
« En teeshirt un 1er Janvier ? L’impossible a été rendu possible par la prise en tenaille entre le réchauffement climatique et le COVID … l’un a apporté des températures printanières, et l’autre nous a confiné et privé de réveillon arrosé. Bref, on était fringant et on a pu profiter de la journée… et, comme on s’était échangé le COVID en Décembre, on a pu s’asseoir sur les gestes barrières !
Par peur des résurgences, on a opté pour la paroi principale et l’une de ses voies historiques, Arcturus, une voie Fara rééquipée dans les années 90. Cette voie se déroule sur un caillou magnifique et dans une belle ambiance.
Le style est raide à très raide, l’équipement pas toujours bien placé, et les cotations fortement sous-évaluées … ce qui préserve la voie de toute sur-fréquentation ! Donc pas de patine ici, et quelques végétations dans les zones faciles.
4H de grimpe et de bricole pour la cordée familiale, en mode « je varappe mais je râle car les points sont mal mis » pour le jeune loup, en en mode « gogo gadget au jumar » pour le vieux renard.
Superbe journée et belle ambiance !
Pour les cotations :
L1 : 6a+ végétalisé dans le bas puis dalle magnifique
L2 : 6c+ dans les toits, magique
L3 : un 7b solide pour passer le toit et la dalle déversante au-dessus (et non le 6c annoncé)
L4 : un 6c dalle retors
L5 : mur raide au-dessus de la vire médiane, je dirai 7b également (et non le 6c annoncé)
L6 : super mur raide, un gros 7a (et non le 6c annoncé)
L7 : magnifique avec un pas de dalle, 7a (et non le 6c annoncé) »
La partie médiane de la falaise de Presles (du secteur « Fhara Kiri » au secteur « Pilier de Choranche ») depuis l’avant dernière longueur du Nid d’Aigle
Le Nid d’Aigle, un voyage initiatique.
La voie du Nid d’Aigle a été ouverte en 1971 par Lalou et Marcel Bize. Ils ont créé une véritable petite merveille tant sur le plan de la beauté de l’escalade que sur les lignes fuyantes, vertigineuses de la paroi, dans un niveau de difficulté accessible au plus grand nombre (6a+ max, 5c obligatoire, sur 10 longueurs). Le Nid d’Aigle est devenu avec le temps une grande classique de Presles. J’ai eu la chance de l’escalader pour la première fois en 1973 sur un rocher tout neuf, bien adhérent. Depuis, victime de son succès, le rocher s’est beaucoup patiné, ce qui n’est pas terrible pour l’escalade ! Mais qu’importe, j’ai toujours autant de plaisir à faire découvrir ce Nid d’Aigle aux amis.
Ces dernières années, bon nombre de Matheysins en m’accompagnant dans cette voie emblématique, ont découvert la Falaise de Presles et de façon plus générale, la verticalité et l’ambiance propres aux grandes parois calcaires, comme aujourd’hui Pierre-Henri, qui s’est offert un sacré bonus : un retour inopiné au relais la tête en bas dans l’avant dernière longueur ! Quelle frousse !
Mais que cela ne vous décourage pas, si cela vous dit, je suis prêt à y retourner !
Encore une belle journée de grimpe familiale dans la mythique falaise de Presles. Merci encore à mes fils pour ces moments privilégiés. Aujourd’hui c’est Matthieu qui mène la cordée. Voici son compte rendu :
« En Mai fais ce qu’il te plaît… ça tombe bien on voulait grimper à Presles et la météo s’annonce idéale après un long épisode humide. Par contre on a quelques exigences : trouver une zone sèche, de niveau intermédiaire et surtout une voie que l’on n’ait jamais grimpé ni l’un ni l’autre…. Exercice difficile surtout au regard des plus de 200 voies cochées par l’ancien. Son topo est tellement surligné de stabilo qu’on dirait du Basquiat. On doit se rabattre sur le secteur le plus à l’est des rochers de Presles, le Pas du Ranc, pour trouver LA ligne. Ce sera Histoires Trolles dont le topo vante le caillou verdonnesque et l’équipement +++ de l’ouvreur BBX . Personne dans le secteur, d’autant que la tranquillité est préservée par une approche des plus désagréable. Ambiance sévère avec un départ au sommet d’un socle délité et c’est parti pour 8 longueurs d’escalade technique et variée, soutenue dans le 6b/6c et avec un peu de 7. Les longues traversées et l’équipement aéré auront exigé que nos deux protagonistes déploient leur savoir-faire technique voir technologique, respectivement ! La descente en rappel est magnifique et se conclut par un final en « fil d’araignée ». On reviendra pour faire les voisines. »
Histoires Trolles c’est 200m d’escalade aérienne pour une cotation générale TD+/ED- 7c max, 6b+ obligatoire