Un parcours très ludique dans cette voie au tracé étonnant. L’ambiance y est particulièrement gazeuse !
Il est prudent d’avoir pour les deux longueurs de traversée entre les toits :
un kit de remontée sur corde pour chaque membre de la cordée
quelques petits friends ou marteau/pitons pour remplacer d’éventuels pitons manquants, ce qui fut le cas dans la 1ère longueur
C’était ma 6ème visite, de ce fou qui repeint éternellement son plafond ! Je l’ai parcouru en famille et avec des copains du Nord-isère et de la Matheysine. Un grand merci à Stéphane pour son enthousiasme et aussi pour avoir accompagné la personne à risque que je suis devenu…
Presles a été pour moi à partir de 1975, et pendant une trentaine d’années, un peu comme ma résidence secondaire. J’ai eu la chance de suivre l’évolution de cette fantastique falaise et de répéter les nouvelles voies au fur et à mesure de leur ouverture, tout particulièrement celles de Bruno Fara. Certaines comme par exemple : les Lions Niais, l’Alcoologique ou la Nils ouvertes en 79, ont été peu parcourues ou sont tombées dans l’oubli….
Tout naturellement, j’ai fait découvrir l’escalade en grandes voies à mes filles et mes fils à partir de 7/8 ans en commençant par les Buis, la Grotte, le Nid d’Aigle et ainsi de suite. Depuis, le temps a passé et la place que j’occupais dans la cordée s’est de plus en plus inversée : de premier de cordée (une expression à la mode maintenant !) à celle de second de cordée. Mais qu’importe, l’envie et le plaisir sont toujours là.
Matthieu a escaladé pour la première fois Cliffalibur en 1985 à l’age de 9 ans. J’ai retrouvé de vieilles diapositives de notre cordée de 3, notre grand ami Philippe nous accompagnait. J’ai déposé ces antiquités dans la galerie photos. Aussi quel bonheur de refaire cette voie avec mon fils quelques 36 ans plus tard !
Je vous livre son compte-rendu :
« L’hiver semble avoir temporairement abandonné les Alpes… on a donc remisé les skis, bonnets et gants et ressorti chaussons, magnés et débardeurs. Pour ce week-end, on a choisi la voie Cliffalibur à Presles : une voie bien gazeuse (pour éviter les risques de contamination par « gouttelettes ») sur l’extrémité du secteur de Télébus (secteur limite en terme de distanciation avec plus de 10 voies sur 50 mètres de large…). Finalement on était seuls sur le secteur. La descente en rappel, frisquette et impressionnante dans la brume, nous a rappelé qu’on était encore en février… mais ensuite l’escalade s’est déroulée comme dans un plus bel avril. La voie très bien ré-équipée aura permis à l’ancien, agrippé aux dégaines comme à ses piolets, de rester dans ses sensations de cascade de glace 😉. Bref, le 28 février c’est encore l’hiver. »
Aujourd’hui je laisse à Matthieu le plaisir de raconter une journée d’escalade familiale à Presles, dans les secteurs « Digitibus » et « Fou qui repeint son plafond« .
« Nous avions très envie de réaliser une journée d’escalade à Presles en père et fils, mais en sécurité… eh oui, le COVID guette toujours, et on avait dans la cordée une personne à risque (7ème décennie…). On a donc pris des précautions : on a misé sur un coin tranquille (le secteur du Fou), un jour de semaine avec une météo pessimiste. Nickel, on était seuls… Ensuite les gestes barrières : port du casque et maintien de la distanciation (jamais moins de 3 mètres entre les points). Papé s’est également bien aéré les voies respiratoires avec des pendules superbement réalisés dans les traversées de la deuxième voie. Côté grimpe on n’a pas été déçus mais alors pas du tout. Super dalles grises dans Lili belle voie des Anges et rocher velcro assez incroyable dans Sans Triste. Fallait pas tomber sinon on rentrait tout nus… On aura une pensée émue pour Walter Marti et Adolf Jusi, inventeurs géniaux de la poignée jumar, qui, bien employée ce jour, nous a sorti de quelques mauvais pas. »
Lili Belle, Voie des Anges : 180m pour 7 longueurs, TD+, 6c+ max – 6a obligatoire
Sans Triste : 120m pour 4 longueur, ED-, 7a+ max – 6b+ obligatoire
Un grand souvenir pour Bruno et moi que cette balade entre les toits du Fou !
Si la première partie déroule sans trop de difficulté, la longueur pour rejoindre le toit demande une bonne pratique de l’escalade artificielle (à l’ancienne) pour progresser sans trop forcer, sinon gare aux crampes…..